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Tunisie: Larmes de joie pour El Général

Tunisie: Larmes de joie pour El Général

Ils pleuraient des larmes de joie et d'émotion, Samedi des centaines de Tunisiens ont abandonné l'espace d'un concert les manifestations-happening quotidiennes pour écouter Hamada Ben Amor, alias "El Général", "le" rappeur de la révolte tunisienne. ...

Engoncé dans un anorak blanc boudiné et trop grand, le chanteur de 21 ans
qui incarne pour la génération internet une voix de résistance au président Ben Ali, sourit mais est visiblement très ému: "maintenant que le dictateur est
parti, je peux enfin respirer", dit-il à l'AFP avant de monter sur scène, pour
la première fois dans son pays.
Ben Amor a provoqué un délire en entonnant "Président, ton peuple est
mort", la chanson qui l'a rendu célèbre sur les réseaux sociaux devenus un
espace privilégié d'expression contestataire pour des milliers de jeunes sous
la dictature.
"Nous vivons dans la souffrance"Comme des chiens",La moitié de la population est opprimée et vit dans la misère"Président du pays",Ton peuple est mort".
Le jeune chanteur, qui doit son pseudonyme "Le Général" au net, avait été
arrêté chez ses parents à Sfax (sud) le 5 janvier, avant d'être relâché après
quelques jours au ministère de l'Intérieur.
Dans le public, Atia Athmouni fond en larmes: "il parle du dictateur, des
héros qui sont tombés, de la révolution", dit cet homme de 59 ans qui a aidé à  organiser les premières manifs anti-Ben Ali à Sidi Bouzid. Cette ville pauvre
du centre du pays est devenue un symbole de la révolte après le suicide par le feu de Mohammed Bouazizi le 17 décembre. Sa mère était dans le public.
La plupart des fans sont des étudiants, beaucoup en "uniforme" de rappeurs:
casquette de baseball et sweet à capuche.
Ils n'ont entendu les chansons que sur Facebook mais ils les connaissent par coeur et chantent avec El General.
"Le rap tunisien parle de la réalité, de la véritable vie, c'est pour ça que ces chansons étaient interdites et que leurs paroles me touchent au plus
profond", lance Maissa El Fahem, une fan de 19 ans, venue avec des amies.
Mohammed Marrekchi, un étudiant en mécanique de 21 ans, blouson de cuir
noir et jeans, est sûr que les chansons d'el General ont contribué à faire partir...
le général Ben Ali: "ce n'est pas de la musique pour le plaisir, ça a poussé aussi les gens à se soulever".
Le concert s'est déroulé en début d'après-midi, car le couvre-feu est toujours en vigueur en Tunise, quoiqu'allégé.
Quand on demande au chanteur ce qu'ils pensent des dirigeants provisoire
actuels du pays depuis la fuite en Arabie saoudite de Ben Ali le 14 janvier
dernier, sa réponse est en forme d'avertissement: "j'espère que le nouveau
gouvernement va travailler pour le peuple".
Pratiquement inconnu il y a deux semaines, Ben Amor doit chanter le mois
prochain au Sénégal, puis à Athènes et ensuite Marseille (sud de la France) et
son portable n'arrête plus de sonner pour des propositions de maisons de disque étrangères. En été, il a déjà programmé une grande tournée en Tunisie.
Son premier concert post-Ben Ali était couplé avec un meeting du Parti
Démocratique progressiste (PDP), un parti d'opposition aujourd'hui dans le
gouvernement de transition.
Toute à sa joie, la foule n'a pas oublié pour autant ce qui se passe actuellement en Egypte: "Moubarak! L'Arabie saoudite t'attend!"
 

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