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Grand débat, épisode 2 pour Macron
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Grand débat, épisode 2 pour Macron

Trois jours après un premier oral marathon, Emmanuel Macron retourne vendredi sur la scène du grand débat face à 600 maires d'Occitanie rassemblés à Souillac (Lot), après une visite surprise dans une localité proche.


Le format ne change pas. Comme à Grand Bourgtheroulde (Eure) mardi, Emmanuel Macron se retrouvera à partir de 15H00 entouré d'élus de tous bords ceints de l'écharpe tricolore et venus des 13 départements de la région.     Comme mardi également, il a effectué avant ce rendez-vous une visite surprise dans la matinée, cette fois dans une école de Saint-Sozy, à une quinzaine de kilomètres de Souillac, cité du Lot qui tente de renaître loin des grandes villes. Accompagné de deux ministres, il y a notamment discuté avec des parents, des élèves de CE1-CE2, et a signé des autographes sur les cahiers de cours.  

A la sortie de l'école, le président de la République a ensuite échangé longuement avec des habitants, notamment des retraités et une étudiante infirmière qui l'a interpellé sur la question du handicap.     "Je ne suis pas sourd, c'est pour ça que je vais au contact", a répondu le président à un artisan.  

 Pour l'occasion, Souillac, un bourg de 3.750 habitants sur les rives de la Dordogne, a été placée sous haute sécurité: centre bouclé, marché annulé et manifestations interdites.     Mais plusieurs dizaines de manifestants --"gilets jaunes", retraités locaux et quelques jeunes masqués-- se sont rassemblés dans le centre ville dans la matinée. Ils y ont entonné la Marseillaise et scandé "Macron démission", et des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre. Deux personnes ont été interpellées.  

"Il peut nous prendre en groupe de dix avec trente CRS s'il le veut, on veut juste qu'il nous écoute", a réclamé Emilie, une manifestante.     Devant les maires, "tant qu'il y aura des questions, il répondra", indique l'entourage d'Emmanuel Macron, sans s'avancer sur la durée du débat, alors que celui de mardi a duré plus de 6h30.     Souillac avait déjà accueilli Emmanuel Macron, mais comme candidat, le 17 février 2017, alors qu'il était en pleine ascension dans les sondages pour la présidentielle.   Près de deux ans plus tard, le président cherche à tout prix à retrouver l'esprit de cette campagne victorieuse. Affaibli par la crise des "gilets jaunes" et sa chute dans les sondages, il compte sur le grand débat pour retisser le lien abîmé avec les Français.  

Une nouvelle rencontre avec des élus est prévue la semaine prochaine, dans un lieu que l'Elysée doit encore annoncer, a indiqué vendredi matin Sébastien Lecornu, le ministre chargé des Collectivités territoriales, co-animateur du grand débat: "L'idée est d'avoir une à deux rencontres par semaine, en fonction de l'agenda international, et garder des rencontres qui soient à taille humaine".  

Quelque 360 débats, à partir de samedi, sont actuellement référencés sur la plateforme, a précisé M. Lecornu. 40% sont organisés par des élus locaux, des collectivités territoriales, 40% par des citoyens et 20% par des associations".     "Je tirerai des solutions véritables de ce débat car je veux en faire un acte II de mon mandat", a promis Emmanuel Macron en conclusion de son intervention de mardi. Il devrait au total effectuer une dizaine de déplacements dans les régions d'ici au 15 mars, à la rencontre des maires mais aussi des "citoyens".  

En introduisant les échanges dans le palais des Congrès, le maire de Souillac Jean-Michel Sanfourche abordera notamment le thème central de la ruralité et ceux de la justice sociale, économique, fiscale et démocratique, a-t-il confié à l'AFP.     Les autres intervenants devraient également interpeller le chef de l'Etat sur l'affaiblissement des services publics dans les campagnes, qui se sentent défavorisées par rapport aux villes. Or le Lot ne compte que trois communes de plus de 4.000 habitants, dont la préfecture Cahors.  Mardi, les échanges avaient en outre porté sur les 80 km/h, l'ISF, les conséquences du Brexit, le handicap ou encore le RIC (référendum d'initiative citoyenne), une des grandes revendications des "gilets jaunes" sur laquelle Emmanuel Macron n'a pas caché ses réserves.  

Lancé dans la hâte, le grand débat s'organise peu à peu. Un collège de cinq personnalités chargées d'en "garantir l'indépendance" a été désigné vendredi par Matignon, le Sénat, l'Assemblée et le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il s'agit du politologue et spécialiste de sociologie électorale Pascal Perrineau, de l'ancien membre du Conseil constitutionnel Guy Canivet, de la secrétaire générale de la Ligue de l'enseignement Nadia Bellaoui, de l'ancien patron de la RATP et de la Poste Jean-Paul Bailly et de la présidente de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), Isabelle Falque-Pierrotin.  

En amont de la réunion de Souillac, Julien Sanchez, maire RN de Beaucaire (Gard) et patron des élus RN au conseil régional d'Occitanie, s'est plaint de ne pas y avoir été convié.  Quelque 94% des Français disent avoir entendu parler du grand débat. Ils sont 64% à rester sceptiques sur son utilité et moins d'un tiers (29%) comptent y participer, selon un sondage Odoxa Dentsu consulting diffusé jeudi.