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Tunisie: le bilan des victimes de la ''Rvolution du jasmin'' revu la hausse
Le bilan du soulèvement en Tunisie qui a fait chuter en janvier 2011 le régime totalitaire de Zine el-Abidine Ben Ali a été revu à la hausse par la commission chargée d'enquêter sur les abus commis pendant cette révolte.
Dans son rapport final parvenu samedi à l'Associated Press, elle dit avoir recensé 338 morts et 2.147 blessés. Jusqu'ici, le seul bilan avancé par des organisations onusiennes faisait état de 300 morts et 700 blessés.

Selon le document, 66% des victimes ont été tuées par balle, en particulier dans les régions du Grand-Tunis et du sud-ouest du pays comme Gafsa, Kasserine et Sidi Bouzid. C'est dans cette dernière que l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant, a mis le feu aux poudres dans tout le pays en décembre 2010.

Les jeunes de moins de 40 ans représentent 82% des morts et 76% des blessés. Quelque 96,5% de ceux qui ont péri sont des hommes et 3,5% sont des femmes. Dans les rangs des blessés, le rapport dénombre 89% de sexe masculin et 11% de sexe féminin.

La Commission nationale d'investigation sur les dépassements et les violations (CIDV) impute la responsabilité du sang versé en premier lieu au président déchu qui, avant de fuir en Arabie saoudite, avait ordonné de tirer sur les manifestants. Son Premier ministre de l'époque, Mohamed Ghannouchi, a récemment assuré que M. Ben Ali était décidé à écraser la révolte "même au prix d'un bain de sang".

Le rapport met en cause aussi les ministères de l'Intérieur, de la Défense, de la Santé et de la Communication de l'époque et attribue à la police benaliste 79% des meurtres et 96% des blessés.

La commission conduite par l'avocat Taoufik Bouderbala, ancien président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH), a mis 15 mois pour identifier les abus et à déterminer les responsabilités. Elle dit avoir mené un travail de terrain "ardu" en sillonnant le pays pour rencontrer les familles des "martyrs" et des blessés et en se rendant dans les hôpitaux et dans les établissements judiciaires et administratifs concernés.

Me Bouderbala a noté que la liste des blessés n'était pas encore définitive, certains dossiers ayant été remis directement à d'autres départements. Récemment, le ministère de la Santé a dévoilé des centaines de certificats médicaux falsifiés fournis par de "prétendus blessés de la révolution" dans le but de bénéficier de dédommagements.

AP
07/05/2012 10:00
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