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Syrie : Les chars font leur entre Douma, prs de Damas
Reuters  
A 5 jours de l'échéance du plan Annan pour un arrêt des violences, la répression s'accroît en Syrie. Près de 100 personnes ont été tuées hier.
Les forces gouvernementales ont pris d'assaut jeudi la ville de Douma près de Damas, provoquant de violents accrochages avec les rebelles, et tué deux jeunes hommes dans la capitale, selon une ONG syrienne. Cinq soldats ont par ailleurs été tués dans deux attaques dans la province d'Alep (nord) et celle de Deraa (sud). Les violences ont fait près de 170 morts depuis lundi, le jour où l'ONU a annoncé que Damas avait promis d'appliquer "immédiatement" le plan de l'émissaire international Kofi Annan visant à mettre fin aux violences et préconisant notamment le retrait des chars de l'armée.

Damas bombarde malgré sa promesse d'un arrêt des combats

Le régime syrien bombardait toujours les bastions rebelles mercredi malgré sa promesse de retirer ses troupes, son allié russe affichant sa certitude d'une victoire militaire de Damas même si l'opposition était armée "jusqu'aux dents". Malgré la promesse du pouvoir d'appliquer "immédiatement" le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan visant à mettre fin aux violences, les militants faisaient état de la poursuite des assauts de l'armée et des combats avec les rebelles.

"De la frontière turque dans le nord-est à Deraa dans le sud, les opérations militaires se poursuivent", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Au moins 100 personnes ont été tuées mercredi à travers le pays, en majorité des civils dans de violents bombardements et des tirs dans la province de Homs (centre), où sont retranchés des rebelles, selon l'OSDH.

Le retrait des chars est l'un des principaux points du plan Annan que Damas s'est engagé à appliquer d'ici mardi mais en posant pour condition l'arrêt des violences par les rebelles que le régime qualifie de "terroristes". Les insurgés de leur côté affirment qu'ils ne baisseront pas les bras jusqu'au retrait des troupes. Un projet de déclaration sur la Syrie en discussion au Conseil de sécurité de l'ONU demande à Damas de respecter l'échéance du 10 avril pour mener son désengagement militaire et à l'opposition syrienne de faire de même dans les 48 heures qui suivent.

La Russie renouvèle son soutien envers Damas

Les Etats-Unis ont regretté mercredi de constater une "intensification" des tirs d'artillerie en Syrie en lieu et place du retrait militaire des bastions rebelles promis par le régime du président Bachar al-Assad. Le médiateur des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan, s'adressera jeudi par vidéoconférence à l'Assemblée générale de l'ONU.

Le régime de M. Assad, seul chef d'Etat contesté à s'être maintenu au pouvoir dans la foulée du Printemps arabe, reste conforté par le soutien de la Russie, qui a bloqué à deux reprises avec la Chine des résolutions à l'ONU condamnant la répression et qui a assuré mercredi que l'opposition "ne battra pas" les forces gouvernementales même si elle était armée "jusqu'aux dents". "C'est clair comme de l'eau de roche, même si on armait l'opposition jusqu'aux dents, elle ne battrait pas l'armée syrienne, on aurait alors juste un carnage pendant de longues années, une destruction mutuelle", a estimé le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem est attendu en Russie le 10 avril, et une délégation d'un mouvement d'opposition syrien le 17 avril, a indiqué la diplomatie russe.

2 camions d'aide à Deraa

Sur le terrain, la contestation populaire ne baisse pas les bras. Selon une vidéo postée par les militants, lors d'une manifestation nocturne à Hama (centre) mardi, des militants portaient une pancarte sur laquelle on lisait "Malgré tous les bombardements, rien n'est mort en nous, excepté la peur". Le chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, s'est rendu mercredi à Deraa (sud) pour s'enquérir des besoins humanitaires dans ce bastion de la contestation, selon le CICR.

Deux camions transportant de l'aide alimentaire, des trousses hygiéniques et 500 couvertures "ont été déchargés (à Deraa, ndlr) dans les dépôts du Croissant rouge" en vue d'une distribution, a indiqué à l'AFP le porte-parole du CICR à Damas Saleh Dabbakeh. La situation humanitaire s'aggrave selon des militants qui ont évoqué des exactions des forces gouvernementales contre la population.

Le plan Annan préconise, outre la cessation de la violence par toutes les parties sous supervision de l'ONU, la fourniture d'aide humanitaire aux zones touchées par les combats, la libération des personnes détenues arbitrairement et la liberté de circulation pour les journalistes dans le pays.

Le porte-parole de Kofi Annan a annoncé mardi qu'une équipe de l'ONU se rendrait en Syrie dans les 48 heures pour préparer le plan de déploiement des observateurs censés surveiller la cessation des hostilités.

AFP
05/04/2012 6:59
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