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Syrie: flambe des prix en raison des sanctions et la chute de la monnaie
Rue Medhet Pacha, coeur commercial palpitant de Damas, Fahed ne cesse de pester contre la hausse vertigineuse des prix qui étrangle la population et la chute abyssale de la monnaie depuis l'instauration des sanctions occidentales et arabes.
La répression de la révolte populaire en Syrie depuis près d'un an a suscité l'indignation de la communauté internationale et l'imposition de sanctions visant à étrangler financièrement le régime mais qui touchent en premier la population.

"Depuis le début des évènements, les prix ont augmenté de manière prodigieuse. Ce fléau touche tout le monde dans tout le pays. Les pauvres trinquent et même les riches ont du mal", assure ce vendeur de vêtements.

"C'est vraiment incroyable: le prix du kg de coton, pourtant fabriqué localement, est passé de 400 à 550 livres syriennes (5,7 à 7,8 USD), le kilo de sucre qui valait 50 livres (0,7 USD) est vendu aujourd'hui à près de 73 livres (1 USD) et l'huile végétale a augmenté de 50%", ajoute-t-il.

"Rien ne nous est épargné. Le prix de la bonbonne de gaz a bondi de 60%. Vraiment les pauvres ne peuvent pas suivre", dit cet homme de 32 ans.

Une série de sanctions a frappé le système bancaire syrien et les exportations du brut, portant un coup terrible aux rentrées en devises et accélérant les effets inflationnistes.

Nidal, chauffeur de taxi de 29 ans, attend patiemment dans une longue file d'attente, place Tahrir à Damas. "Les 20 litres d'essence valent aujourd'hui 1.000 livres (14,3 USD) alors qu'avant la crise c'était à 800 livres (11,4 USD)", assure-t-il.

La dévaluation de la monnaie a porté un coup terrible au pouvoir d'achat des Syriens. Le billet vert, qui s'échangeait à 46,5 livres en mars 2011, vaut aujourd'hui 75 livres, soit une baisse de 62% de la valeur de la monnaie nationale.

"L'inflation est en très forte croissance. Le taux officiel est passé de 5% en novembre à 11% en décembre. C'est la conséquence de la hausse du dollar, mais aussi des difficultés d'approvisionnement car beaucoup de produits viennent des régions en ébullition comme Homs ou Hama", a affirmé Jihad Yazigi, directeur du bulletin économique The Syria Report.

Pour empêcher un naufrage encore plus grand de la livre syrienne, le gouvernement a accru les tarifs douaniers sur plusieurs produits de consommation, au risque d'accentuer la hausse des prix.

Un décret adopté à la mi-février augmente les taxes douanières de 40% à 80%, soulignait mercredi le journal officiel Techrine.

La hausse concerne 39 produits alimentaires, électroménagers, électriques, les produits de beauté et d'hygiène, les produits vestimentaires, viandes importées, vitres, ainsi que les outils de cuisine, les réservoirs d'eau et les peintures, précise Techrine.

Citant des experts économiques, le journal estime que cette démarche "encouragera la contrebande de marchandises en provenance des pays voisins, provoquera des pertes pour l'Etat et une hausse des prix sur le marché syrien".

Autre mesure pour contourner les sanctions financières imposées par les pays occidentaux et arabes, le gouvernement a décidé de mettre en place des accords de troc avec des pays "amis", comme la Russie, la Chine ou le Venezuela.

Ainsi, la Syrie pourra échanger son pétrole brut contre du sucre dont elle est un grand consommateur, d'autres produits agricoles ou d'intrants manufacturés qui normalement nécessitent des devises.

"Mais les pays avec lesquels le troc est possible sont limités car il faut en trouver qui acceptent ce type d'échange et qui ont quelque chose à vendre dont la Syrie a besoin", note M. Yazigi.

Pour lui "il ne fait aucun doute que les sanctions imposées à la Syrie touchent en premier lieu la population. Ont-elles un impact sur le régime? La question reste ouverte".

"La population subit une crise politique, une situation sécuritaire très difficile, des conditions économiques qui s'étaient déjà détériorées avant les sanctions, mais ces dernières lui imposent aujourd'hui un fardeau supplémentaire".



AFP
02/03/2012 11:54
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