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Tunisie: six morts lors d'un assaut contre un groupe armé
Reuters  
La police a pris d'assaut la maison où étaient retranchés plusieurs jours un groupe d'hommes et des femmes,  ainsi que des enfants, deux jours avant les élections législatives.
Six personnes ont été tuées vendredi dans un assaut mené par la police contre une maison près de Tunis où un groupe armé était retranché depuis la veille, attisant la tension avant des élections législatives cruciales dimanche. Les autorités ont exprimé ces derniers jours leurs craintes que des jihadistes tentent de perturber le déroulement de ce scrutin, organisé près de quatre ans après la révolution ayant mis fin à la dictature de Zine El Abidine Ben Ali.

Les forces de l'ordre faisaient depuis jeudi matin le siège de la maison située à Oued Ellil, après qu'un gendarme eut été tué et un autre blessé lors d'une intervention des forces de l'ordre. La présence de deux enfants à l'intérieur a retardé l'assaut. Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui, cinq femmes et un des hommes armés ont été tués, tandis qu'un deuxième homme armé a été "blessé et hospitalisé", de même qu'une autre femme, touchée à l'épaule.

Les deux enfants -- un garçon de deux ans et une fillette de trois ans -- ont également été transportés à l'hôpital. La fillette, blessée à la tête, se trouve dans un état stable, a précisé M. Aroui. D'après lui, lors de l'assaut, "les femmes sont sorties de la cuisine en tirant" sur les policiers, conduisant les autorités à qualifier l'ensemble du groupe de "terroristes". La bâtisse avait été ciblée à la suite d'aveux de "deux éléments terroristes" arrêtés dans la nuit de mercredi à jeudi à Kébili (sud).

L'un des hommes interpellés, le père des deux enfants, est un "membre actif d'Ansar Asharia" (organisation classée terroriste par Tunis et Washington) et préparait des actions "terroristes" à Kébili et Tozeur (sud), a affirmé le porte-parole. Le groupe était auparavant "actif" à Nabeul (nord) et cherchait à envoyer des Tunisiens combattre "notamment en Syrie via la Libye", a-t-il déclaré, assurant que les femmes présentes dans la maison comptaient elles-mêmes se rendre en Syrie.

Des militants se réclamant d'Al-Qaïda au Maghreb islamique sont actifs en Tunisie depuis la révolution de 2011. Leur traque à la frontière algérienne a fait depuis deux ans des dizaines de morts dans les rangs des forces tunisiennes. Par ailleurs, entre 2.000 et 3.000 Tunisiens seraient allés rejoindre des groupes extrémistes, dont celui de l'Etat islamique (EI), pour combattre en Syrie et en Irak. Les autorités tunisiennes craignent que le retour de certains d'entre eux ne déstabilise le pays.

Derniers meetings de campagne

Ces violences interviennent alors que la Tunisie organise dimanche des élections législatives qui, avec la présidentielle du 23 novembre, sont cruciales pour la stabilité du pays. Les ministères de la Défense et de l'Intérieur craignent des attaques "terroristes" et vont déployer des dizaines de milliers de soldats et policiers le jour du vote pour prévenir tout attentat.

Les partis politiques tenaient vendredi soir leurs derniers meetings avant l'entrée en vigueur du "silence électoral" samedi et le scrutin dimanche. Les Tunisiens à l'étranger ont déjà commencé à voter vendredi. Les islamistes d'Ennahda, l'un des deux favoris avec le parti séculier Nidaa Tounès, ont rassemblé des centaines de partisans avenue Habib Bourguiba à Tunis, haut lieu de la révolution de 2011, dans une ambiance festive. D'autres formations, les petits partis séculiers Al-Joumhouri et l'Union pour la Tunisie ou encore la coalition d'extrême gauche Front populaire, ont organisé des rassemblements plus restreints sur cette même artère du centre-ville.

Mais la campagne a été dans l'ensemble morose, marquée par la désillusion de nombreux Tunisiens près de quatre ans après la révolution. Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda, au pouvoir pendant deux ans jusqu'à début 2014, a appelé les électeurs à donner "une autre chance" à son parti. Nidaa Tounès, une formation hétéroclite rassemblant aussi bien des opposants à Ben Ali que des caciques de son régime, s'est de son côté placée comme la seule alternative à Ennahda. "Celui qui ne va pas voter Nidaa, vote Ennahda (...) qui trois ans durant (avec ses alliés) a ramené la Tunisie en arrière", a martelé le chef du parti, l'ex-Premier ministre et candidat à la présidentielle Béji Caïd Essebsi, un vétéran de 87 ans ayant servi sous tous les régimes depuis l'indépendance.

Medi1 avec agences
25/10/2014 à 9:21
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