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Tunisie: les mains libres, le président promet des négociations sociales

Tunisie: les mains libres, le président promet des négociations sociales

Le président tunisien intérimaire, Foued Mebazaa, a annoncé mercredi soir l'ouverture «prochainement» de «négociations sociales à l'échelle nationale», dans une allocution à la télévision nationale, quelques heures après avoir été investi de pouvoirs de crise par le Parlement. ...

C'est la première fois que le président s'adressait directement aux Tunisiens depuis son entrée en fonction le 15 janvier, au lendemain de la fuite à l'étranger du président Zine El Abidine Ben Ali.
«Ces négociations sociales seront le meilleur cadre de dialogue et de concertation pour régler la situation sociale de toutes les catégories du peuple et dans tous les secteurs», a déclaré M. Mebazaa, qui a appelé ses compatriotes à faire «preuve de patience».

«Vos demandes sont légitimes, mais vous devez comprendre la difficile situation à laquelle le pays est confronté», a-t-il expliqué, alors que le gouvernement de Mohammed Ghannouchi est confronté depuis deux semaines à de fortes tensions sociales à travers tout le pays.

Dans la matinée, le Sénat tunisien avait adopté à l'unanimité une loi autorisant le président intérimaire à gouverner par décrets-lois, contournant ainsi le Parlement bicaméral hérité de l'ère Ben Ali.

Le texte, déjà voté à l'Assemblée nationale lundi, a été adopté à main levée par les 86 sénateurs présents, sans aucune abstention, a constaté l'AFP.

«Le vote du Sénat est très important. Il va nous permettre de réaliser les aspirations du peuple et de concrétiser les initiatives prises par le gouvernement transitoire, essentiellement la loi d'amnistie générale», a affirmé Foued Mebazaa.

«Nous resterons fidèles aux principes de la révolution et déterminés à répondre aux espoirs de la jeunesse», a-t-il martelé, estimant que le gouvernement enregistrait «des progrès remarquables en dépit d'un climat difficile».

A l'ouverture du débat mercredi, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi avait exhorté la Chambre des conseillers (Sénat) à voter oui «pour permettre au gouvernement de travailler» et demandé du temps à une population qui perd visiblement patience, parlant d'«explosion sociale».

Un jeune homme a été légèrement blessé dans le centre de Tunis par une balle qui a ricoché, alors que des militaires tentaient de canaliser des centaines de personnes devant un bureau d'aide sociale pour toucher de 30 dinars à 150 dinars (15,5 à 78 euros).

Déjà mardi, entre 400 et 500 personnes avaient envahi le gouvernorat au coeur de la capitale pour réclamer du travail et des aides.

M. Ghannouchi a également annoncé la légalisation «dans quelques jours» des formations interdites sous Ben Ali qui en ont fait la demande, parmi lesquelles figure le mouvement islamiste Ennahda de Rached Ghannouchi.

Les autorités ont annoncé des élections présidentielle et législatives dans six mois, sans toutefois donner de date précise, alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour juger ce délai intenable.

A l'intérieur du pays, son gouvernement reste soumis à une forte pression depuis qu'il a remplacé il y a une semaine les 24 gouverneurs de région. Ces nominations ont rapidement été contestées, 19 des personnes choisies étant des adhérents ou des proches du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir sous Ben Ali.

Le nouveau gouverneur de la région de Sousse (150 km au sud de Tunis) a été contraint mardi de quitter ses bureaux par une foule en colère. Ses collègues de Monastir (ville voisine) et de Medenine (sud) ont eu droit aussi à des manifestations sous leurs fenêtres.

Une délégation de voyagistes français a affirmé mercredi à Tunis sa volonté de relancer le tourisme, estimant que ce secteur vital pour le pays pouvait «récupérer» dès ce printemps.

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