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Syrie: l'émissaire de l'ONU plaide pour un "ultimatum" et des "routes d'évacuation"

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Syrie: l'émissaire de l'ONU plaide pour un "ultimatum" et des "routes d'évacuation"

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a appelé vendredi devant le Conseil de sécurité à imposer un "ultimatum" aux combattants pour quitter les zones peuplées à Idleb où des "routes d'évacuation volontaire" pourraient aussi être créées pour les civils.

"Tous les combattants militaires devraient avoir un ultimatum pour quitter les zones peuplées" dans la province d'Idleb, sous la menace d'une vaste opération militaire du régime syrien, a déclaré le responsable onusien.   Cette idée vient de la "société civile" à Idleb, a précisé Staffan de Mistura qui voulait à l'origine en parler à huis clos avec les 15 membres du Conseil.

Sa présidence, assurée en septembre par l'ambassadrice américaine Nikki Haley, lui a cependant rappelé que toutes les réunions ce mois-ci étaient publiques sans consultations à huis clos comme d'ordinaire.   Pour imposer un départ aux groupes armés, une "campagne majeure" pourrait être organisée par "trois millions de personnes civiles qui veulent faire entendre leur voix", a précisé Staffan de Mistura, indiquant que des manifestations s'étaient déjà produites en ce sens, avec parfois des bougies.  

L'"ultimatum" serait lancé parallèlement à "un engagement de la Russie et de la Syrie à ne pas procéder à des attaques militaires" à Idleb, a précisé le responsable de l'ONU. "La Russie et la Turquie devraient être les garants d'un tel plan, qui serait aussi soutenu par l'ONU", a-t-il estimé.   Au début de la réunion de l'ONU, Staffan de Mistura avait aussi plaidé pour la création de "routes d'évacuation volontaire dans toutes les directions, est, nord, sud". "L'ONU est prête" à y contribuer, a-t-il précisé. Fin août, Staffan de Mistura s'était déjà dit prêt à aller à Idleb pour garantir un "couloir humanitaire".  

Selon lui, pour contrer l'offensive attendue du régime, des groupes armés créent actuellement des souterrains, font exploser des ponts et réalisent des tranchées.  

John Ging, du département des Affaires humanitaires de l'ONU, a réclamé de son côté au Conseil de sécurité d'intervenir pour faire "cesser les hostilités", "garantir la protection des civils" et leur "liberté de mouvement", "faciliter un accès humanitaire partout" et "renforcer les fonds" pour l'aide qui "manque de moyens".  

Selon l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, Idleb compte "40 à 45 bandes armées, représentant 50.000 personnes". Le groupe Al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, comprend "16.000 personnes" et ceux qui sont "prêts à une réconciliation ou une trêve représentent "13.000 individus", a-t-il précisé.

 L'ambassadeur français François Delattre a souligné qu'Idleb représentait une "bombe à retardement humanitaire et migratoire". Il s'est notamment prononcé contre des évacuations "forcées" qui seraient contraires au droit international.

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