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Moubarak délègue ses pouvoirs au vice-président

Moubarak délègue ses pouvoirs au vice-président

Le président égyptien Hosni Moubarak, sous la pression d'une contestation populaire sans précédent, a annoncé jeudi soir qu'il déléguait ses pouvoirs à son vice-président Omar Souleimane sans pour autant annoncer sa démission, provoquant la colère des manifestants. ...

«Je suis conscient du danger que représente cette croisée des chemins (...) et cela nous impose de faire passer d'abord les intérêts supérieurs de la nation», a déclaré M. Moubarak dans une allocution à la nation.
«J'ai décidé de déléguer mes pouvoirs au vice-président conformément à ce que dit la Constitution», a-t-il dit ajoutant qu'il demandait l'amendement de cinq articles de la Constitution et l'annulation d'un sixième.
Il a répété vouloir être «enterré en Egypte». «La transition du pouvoir va d'aujourd'hui à septembre», a-t-il également indiqué en référence à la date de l'élection présidentielle à laquelle il a promis de ne pas se présenter.
Sur la place Tahrir, les manifestants, qui réclament depuis 17 jours son départ, étaient furieux après le discours.
Certains scandaient «A bas Moubarak! Dégage, dégage!», tandis que d'autres brandissaient leurs chaussures en direction de l'écran où était retransmis le discours de M. Moubarak, une insulte dans les sociétés arabes.
Des manifestants appelaient à une grève générale et demandaient à l'armée, largement déployée autour de la place de les rejoindre dans la révolte: «Armée égyptienne, le choix est maintenant le régime ou le peuple»! criaient-ils.
Des manifestations quotidiennes réclament depuis le 25 janvier le départ du président Moubarak au pouvoir depuis 29 ans.
A l'adresse des manifestants, le président a assuré que «le sang de vos martyrs n'a pas été versé en vain», en allusion aux affrontements parfois meurtriers lors des manifestations.
Les violences ont fait près de 300 morts, selon l'ONU et HRW, ainsi que des milliers de blessés depuis le début de la contestation.
Le vice-président Omar Souleimane a pour sa part appelé les jeunes manifestants à rentrer chez eux, dans une déclaration télévisée après celle du président.
En référence aux interventions étrangères demandant une «transition» du pouvoir en Egypte le président Moubarak a indiqué qu'il n'accepterait pas de diktats étrangers.
«C'est un moment de transformation qui est en train de se dérouler, parce que les Egyptiens veulent le changement», a affirmé jeudi le président américain Barack Obama.
«Nous voulons que ces jeunes et que tous les Egyptiens sachent que nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir une transition en bon ordre et véritable vers la démocratie en Egypte», a insisté le président américain.

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