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Mehri, ancien dirigeant du FLN, prône des réformes en Algérie

Mehri, ancien dirigeant du FLN, prône des réformes en Algérie

Abdelhamid Mehri, figure historique de l'indépendance algérienne, a demandé au président Abdelaziz Bouteflika de répondre à la vague de contestation en cours dans le monde arabe en remplaçant un système qu'il a qualifié d'antidémocratique et dépassé....

Il écrit dans une lettre au chef de l'Etat que des changements radicaux sont nécessaires avant le cinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, l'an prochain.
Le système en place "n'est plus capable de répondre aux importants défis auxquels la nation est confrontée", dit la lettre dont Reuters a pu consulter une copie.
"Les voix réclamant un changement pacifique de ce système sont nombreuses, ce changement ne peut être reporté davantage", écrit Mehri.
Agé de 84 ans, Mehri est l'un des deux derniers négociateurs algériens encore en vie du traité d'Evian qui a mis fin à 130 ans de présence française en Algérie et à une guerre d'indépendance qui a fait des centaines de milliers de morts.
Aux termes de la Constitution algérienne, le pouvoir politique est détenu par le président et le Parlement, qui sont tous deux élus. Cependant, la plupart des analystes s'accordent à dire que l'armée exerce une influence non négligeable sur les prises de décisions.
Selon certaines sources, des pressions s'intensifient au sein même du régime en faveur de l'injection de sang nouveau et de l'allègement du contrôle de l'Etat sur l'économie.
"Mehri offre à Bouteflika un moyen de se retirer dans la dignité et l'honneur", analyse Mohamed Lagab, auteur et enseignant à l'université d'Alger.

"FACADE DEMOCRATIQUE"
Des observateurs estiment qu'un soulèvement populaire est peu probable en Algérie parce que le pays dispose d'une manne pétrolière pour répondre aux revendications économiques et que la population ne souhaite pas de nouveaux troubles alors que le pays se relève d'un conflit de plus de dix ans avec des insurgés islamistes.
Mehri écrit néanmoins dans sa lettre en date du 16 février que l'Algérie a beaucoup de choses en commun avec l'Egypte et la Tunisie.
"Les systèmes au pouvoir en Egypte, en Tunisie et en Algérie ont une façade démocratique mais ils excluent, de différentes façons, la participation d'une grande partie des citoyens à la vie publique", déplore Mehri.
"Le défi est dès lors de mettre en place un système démocratique qui inclura la majorité de la population dans la prise de décision", écrit-il.
"L'Algérie doit bientôt célébrer le cinquantième anniversaire de son indépendance. Je pense que le temps qui nous reste est suffisant pour se mettre d'accord sur un changement pacifique."
Quelques centaines de protestataires ont manifesté samedi dans la capitale, mais ils étaient largement dépassés en nombre par la police. Ils ont annoncé qu'ils manifesteraient à nouveau chaque samedi jusqu'à l'adoption de changements démocratiques.
Bouteflika a promis d'élargir les libertés politiques et de donner à l'opposition accès aux médias publics. Son gouvernement a aussi promis de réduire le chômage. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a annoncé mercredi que l'état d'urgence, en vigueur depuis 19 ans, serait levé à la fin du mois, ainsi que
Bouteflika l'a récemment promis.
La semaine dernière, Zohra Drif Bitat, vice-présidente du Conseil de la nation, la chambre haute du Parlement, a déclaré dans une interview à la radio publique qu'un "changement radical du mode de gouvernance" était nécessaire.
Mehri a été ambassadeur d'Algérie en France et secrétaire général du FLN de 1988 à 1996. Depuis lors, il s'est exprimé de temps à autre sur la vie politique du pays, mais la lettre constitue son intervention la plus directe à ce jour.

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