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Les Européens indignés par la violence de la répression en Libye

Les Européens indignés par la violence de la répression en Libye

L'UE a appelé dimanche soir le colonel Kadhafi à répondre aux aspirations «légitimes» de son peuple et à cesser de réprimer dans le sang les manifestations, en dépit des menaces de Tripoli envers l'Europe d'ouvrir les vannes de l'immigration clandestine....

A l'issue d'un dîner de travail avec les ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a plaidé en faveur d'«un dialogue ouvert et significatif» pour répondre «aux aspirations et demandes légitimes du peuple pour des réformes».
«L'UE appelle les autorités à faire preuve de retenue et de calme et à immédiatement s'abstenir de tout nouveau recours à la violence à l'encontre de manifestants pacifiques», a-t-elle ajouté.
Le recours à la violence en Libye, qui a fait au moins 173 morts selon une ONG, a aussi suscité «l'indignation» du ministre allemand aux Affaires européennes Werner Hoyer.
Son homologue français Laurent Wauquiez a jugé la répression dans ce pays dirigé d'une main de fer depuis 42 ans par le colonel Mouammar Kadhafi de «parfaitement inacceptable».
Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a lui appelé à «accroître la pression internationale et la condamnation» du régime libyen.
A l'issue de la réunion, l'UE a aussi appelé les autorités libyennes à cesser de bloquer l'accès à l'internet et aux réseaux de téléphonie mobile, et à «autoriser les médias à travailler librement à travers le pays».
Ces réactions interviennent alors que les autorités libyennes viennent de menacer de cesser toute coopération avec l'UE en matière de lutte contre l'immigration illégale, si l'Europe continue à «encourager» les manifestations par ses appels au respect de la liberté de rassemblement et à la liberté d'expression.
Tripoli a touché un point sensible. Les Européens comptent en effet résolument sur la coopération de la Libye dans la lutte contre l'immigration illégale vers les côtes de l'UE, via la Méditerranée, et dans la surveillance de ses frontières.
Le pays est un point de passage privilégié de réseaux d'immigrants clandestins venus d'Afrique, du fait de ses 2.000 kilomètres de côtes et des 4.000 km de frontières qu'il partage avec ses six voisins africains.
L'Italie, avec son île de Lampedusa pas très éloignée des côtes libyennes, milite tout particulièrement en faveur d'une coopération avec la Libye. Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini s'est d'ailleurs montré très prudent dans ses déclarations sur la Libye dimanche soir.
«L'Italie, comme vous le savez, est le plus proche voisin tant de la Tunisie que de la Libye et nous sommes extrêmement préoccupés par les répercussions sur le plan migratoire dans le sud de la Méditerranée» des événements actuels, a-t-il déclaré.
Son homologue tchèque Karel Schwarzenberg a estimé lui qu'une chute du colonel Khadafi entraînerait des «catastrophes».
Mme Ashton a pour sa part rejeté la menace des autorités libyennes. «Nous entendons des menaces» mais «au bout du compte l'UE fait ce qui est juste», a-t-elle souligné.
Quant au ministre luxembourgeois Jean Asselborn, il a affirmé n'avoir «pas peur» des menaces que peut proférer «un dictateur qui tire sur son peuple», et estimé qu'il pourrait être passible de la Cour pénale internationale.
Les ministres européens doivent poursuivre lundi leur réunion à Bruxelles pour discuter de la révision de leur politique d'aide financière en faveur de la rive Sud de la méditerranée et de la façon d'accompagner la transition démocratique dans le monde arabe.
«C'est un mouvement tectonique, une très grande chance pour la démocratie et la tolérance et il est grand temps que l'UE devienne visible», a souligné M. Hoyer.

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