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Khodorkovski: son auteur fait profil bas!

Khodorkovski: son auteur fait profil bas!

A la veille de présenter son documentaire à Berlin sur l'ex-oligarque russe emprisonné Mikhaïl Khodorkovski, le réalisateur allemand Cyril Tuschi, deux fois cambriolé récemment, fait toujours profil bas. ...

"Pas menacé, mais anxieux", répond-il comme on lui demande comment il se sent après ces deux visites par effraction qui visaient ses ordinateurs, dont un disque dur sur lequel il éditait son film, "Khodorkovski", qui doit être projeté lundi en section Panorama de la Berlinale.
"Je suis plus anxieux et ce n'est pas un sentiment très plaisant", confie-t-il à l'AFP. Cyril Tuschi, 41 ans, a d'ailleurs quitté son appartement et ses bureaux pour s'abriter chez des amis, au moins jusqu'à la fin des festivités le 20 février.
Le simple soupçon d'une intervention russe à quelques mètres de ce qui fut "Checkpoint Charlie", l'unique porte d'accès à Berlin-Est quand la ville était coupée en deux, fait flotter un excitant parfum de guerre froide sur le tapis rouge du festival berlinois.
"Mes amis russes ont aussitôt pensé au FSB (ex-KGB)... Je n'en sais rien", indique le réalisateur. "Mais ça montre à quel point les gens de ce pays ne font pas confiance à leurs autorités et ça, c'est effrayant".
Et s'il avait prévu d'aller en mai présenter son travail à Moscou, il a pour l'instant renoncé: "Je ne pense pas y aller personnellement désormais".
Le film de Cyril Tuschi est le conte moderne et "shakespearien", souligne-t-il, d'une ascension fulgurante et d'une chute encore plus brutale.
Khodorkovski, 47 ans aujourd'hui, fut l'homme le plus riche de Russie, à la tête du géant pétrolier Ioukos, avant de devenir l'opposant et l'ennemi juré du Premier ministre russe Vladimir Poutine.
De rebondissements en procès, Khodorkovski, emprisonné en Sibérie depuis 2003, a vu fin décembre sa peine prolongée jusqu'à 2017 et pourrait devoir faire face à un troisième procès.
Mais au fil des années, il gagne en sympathie et popularité: fin janvier, des écrivains, des journalistes connus et d'anciens dissidents ont pris parti pour lui à Moscou, jugeant son cas "révélateur" des moeurs politiques actuelles en Russie.
"Le jour où Khodorkovski sera libéré, cela signifiera que l'époque aura changé", a jugé Léonid Parfenov, un célèbre journaliste de télévision.
Cyril Tuschi, qui a travaillé plus de cinq ans sur son film et réussi à décrocher une rare interview filmée de Khodorkovski derrière les barreaux, voulait comprendre l'énigme de ce personnage.
Pourquoi cet homme tout puissant est-il rentré en Russie pour se confronter au système Poutine alors qu'il pouvait rester à l'étranger? Une volonté d'en découdre qui est aussi, aux yeux du réalisateur, "un manifeste de pouvoir et d'arrogance" que son sujet paie aujourd'hui chèrement.
Son distributeur, Rézo Films, avait déjà produit le film sur l'ex-agent russe Alexandre Litvienko, devenu opposant à Poutine et empoisonné à Londres en 2006.
"A l'époque, le film avait été présenté à Cannes en 2007, on avait eu très peur... Mais les Russes avaient eu la sagesse de ne pas réagir", rappelle Laurent Daniélou, fin connaisseur de la Russie et responsable des ventes internationales chez Rézo.
Ces derniers jours, Tuschi a travaillé comme un fou avec ses équipes pour reprendre les éléments volés du film. Et en dépit de ses craintes, il n'entend pas se faire voler sa première mondiale lundi. D'autant que ces péripéties d'un autre âge ont attisé la curiosité autour de son film.  La fête prévue est maintenue, au même endroit. "Sans aucune ironie, j'ai invité l'ambassadeur de Russie et quelques autres Russes et ce serait bien qu'ils viennent". Pour le moment, il n'a pas reçu de réponse.

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