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Kadhafi dément avoir fui la Libye

Kadhafi dément avoir fui la Libye

Lors d'une brève apparition à la télévision officielle, le dirigeant libyen a fait taire les rumeurs de son départ vers le Venezuela. ...

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a fait une brève apparition à la télévision libyenne pour prouver qu'il était toujours présent mardi dans le pays où règne le chaos après une semaine d'insurrection pour réclamer le départ du "Guide", au pouvoir depuis bientôt 42 ans.
Lundi soir, des témoins ont fait état de violents affrontements dans les quartiers de Fachloum et Tajoura, dans la banlieue Est de Tripoli, l'un d'entre eux parlant de "massacres" de manifestants anti-régime. Un autre a parlé d'hélicoptères ayant déposé des mercenaires africains qui ont tiré sur les passants, faisant un grand nombre de morts.
La télévision d'Etat avait auparavant évoqué une opération menée par les forces de sécurité contre les "repaires de saboteurs et de terroriste" faisant des morts, mais a démenti mardi tout "massacre".
Dans la nuit, la télévision montrait le colonel Kadhafi, en manteau, s'apprêtant à monter dans une voiture, un parapluie à la main, devant sa maison dans la résidence-caserne de Bab Al-Aziziya. "S'il n'avait pas plu, je me serais adressé aux jeunes sur la place verte (lieu de rassemblement de ses partisans, ) et j'aurais passé la nuit avec eux pour leur prouver que je suis toujours à Tripoli, et non au Venezuela et leur demander de ne pas croire les télévisions de ces chiens errants", a-t-il affirmé selon l'agence officielle Jana, le citant mardi.
Le chef de la diplomatie britannique William Hague avait déclaré lundi que le colonel Kadhafi pourrait être en route vers le Venezuela.
Dans la matinée, la situation était calme dans plusieurs quartiers de la capitale, dont Tajoura qui a été le théâtre lundi de violents affrontements, selon des témoins .
Seif Al-Islam, fils du colonel, a reconnu que l'armée avait mené des bombardements, en affirmant qu'ils visaient des dépôts d'armes loin des zones urbaines, a rapporté lundi soir la télévision libyenne. La veille, il avait brandi la menace d'un bain de sang.
Lundi matin, l'organisation Human Rights Watch avait évoqué un bilan provisoire d'au moins 233 morts depuis le début de la contestation. La Fédération internationale des Ligues de droits de l'Homme (FIDH) a avancé de son côté un bilan de "300 à 400 morts".
La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay a exigé mardi l'ouverture d'une "enquête internationale indépendante" sur les violences en Libye et demandé l'"arrêt immédiat des graves violations des droits de l'Homme commises par les autorités libyennes"
Un très influent théologien musulman, cheikh Youssef Al-Qardaoui a émis lundi une fatwa appelant sur une chaîne satellitaire arabe l'armée libyenne à assassiner Mouammar Kadhafi. Ce théologien qatari d'origine égyptienne a également demandé à l'armée "de ne pas obéir à celui qui lui ordonne de frapper son propre peuple".
Plusieurs dirigeants libyens ont fait défection à l'instar du ministre de la Justice Moustapha Abdel Jalil qui a démissionné "pour protester contre l'usage excessif de la force" contre les manifestants. C'est également le cas de diplomates en poste à l'étranger, comme l'ambassadeur en Inde, mais aussi des pilotes de deux Mirage F1, qui ont atterri à Malte en affirmant avoir fui après avoir reçu l'ordre de tirer sur les manifestants à Benghazi.
La Ligue arabe doit tenir une réunion d'urgence sur la Libye mardi après-midi. La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a elle réclamé "l'arrêt du bain de sang inacceptable". L'Union européenne a "condamné" la répression, tout comme le secrétaire général de l'Otan.L'Iran a aussi condamné mardi le "massacre d'innocents" en Libye, demandant à la communauté internationale d'intervenir pour y mettre fin. Le mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza s'est également élevé contre "les massacres" perpétrés par le régime du colonel Kadhafi.
Des Etats -comme l'Italie, premier partenaire commercial de la Libye organisaient l'évacuation de leurs ressortissants. Les groupes pétroliers Total, BP, ENI et Statoil, ont aussi pris des mesures en ce sens. L'armée égyptienne a renforcé sa présence à la frontière avec la Libye pour assurer notamment le passage des ressortissants égyptiens fuyant le pays.










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