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Inquiète pour son économie, l'Egypte demande une aide internationale

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L'Egypte a appelé mardi la communauté internationale à soutenir son économie, durement affectée par la crise politique qui a abouti à la chute du président Hosni Moubarak, au lendemain d'un appel de l'armée à cesser les grèves.   ...

Les mouvements sociaux étaient suspendus mardi, jour férié marquant l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet, mais ils menaçaient de reprendre dans plusieurs secteurs-clés.
La France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont annoncé que l'Egypte leur avait demandé de geler les avoirs d'ex-hauts responsables égyptiens, Paris précisant que la demande n'incluait pas M. Moubarak. La question doit être abordée par l'Union européenne dans la journée lors d'une réunion à Bruxelles.
Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit s'est entretenu au téléphone avec ses homologues américain, britannique et saoudien, appelant «la communauté internationale à fournir un soutien à l'économie égyptienne durement affectée par la crise politique qui a déferlé sur le pays», selon un communiqué reçu mardi par l'AFP.
Au pic de la révolte, l'économie égyptienne perdait au moins 310 millions de dollars par jour, selon une note récente du Crédit Agricole, qui a abaissé ses prévisions de croissance 2011 pour l'Egypte de 5,3% à 3,7%.
Le gouvernement égyptien a été chargé de gérer les affaires courantes par le Conseil suprême des forces armées, auquel M. Moubarak a confié les rênes du pays en démissionnant vendredi près de 30 ans après son arrivée au pouvoir.
L'armée, qui a dissous le Parlement et promis des élections démocratiques dans les mois à venir, a de son côté appelé lundi à cesser grèves et manifestations.
Selon elle, «les Egyptiens honorables voient que ces protestations en ce moment délicat» ont des «conséquences négatives» pour le pays, déjà en proie avant la révolte à une pauvreté endémique et à un sous-emploi persistant.
Quelque 40% de la population égyptienne vit autour du seuil de pauvreté.
Des arrêts de travail et des manifestations ont eu lieu ces derniers jours dans les secteurs des transports, de la banque, du pétrole, du textile et même au sein de médias officiels et de certains organismes gouvernementaux, pour demander des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail.
La Bourse du Caire, fermée depuis plus de deux semaines, a prévenu qu'elle resterait fermée «jusqu'à ce que le travail reprenne dans le secteur bancaire».
L'inquiétude grandissait également dans le tourisme, secteur-clé de l'économie du pays, déserté par les tour-opérateurs à la suite des soulèvements populaires.
Plus de 2,5 millions d'Egyptiens travaillent dans le secteur du tourisme, mais «si l'on prend en compte leurs familles, ce sont plus de 10 millions de personnes qui vont y perdre», fait valoir Rachad Abdou, professeur d'économie à l'université du Caire.
Avant la chute de M. Moubarak, le Fonds monétaire international avait indiqué début février qu'il attendait de voir plus clair dans la situation politique en Egypte avant de proposer son aide.
Mardi matin, la place Tahrir au Caire, épicentre de la révolte populaire pendant dix-huit jours, était vide de ses protestataires et la vie normale avait repris son cours.
Dans la foulée des soulèvements en Tunisie et en Egypte, Bahreïn, le Yémen et l'Iran étaient confrontés à des mouvements de protestations anti-gouvernementales.
Deux manifestants chiites ont été tués à Bahreïn dans la dispersion par les forces de sécurité de manifestations qui se poursuivaient mardi, selon l'opposition et une source officielle.
Au Yémen, pour la quatrième journée consécutive, des étudiants ont manifesté mardi contre le régime du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.
En Iran, une personne a été tuée et neuf policiers blessés au cours d'une manifestation de l'opposition lundi.

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