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France: les juges en colère manifestent, après une semaine de mobilisation

France: les juges en colère manifestent, après une semaine de mobilisation

Les magistrats se sont rassemblés jeudi devant les palais de justice de France pour manifester leur révolte contre leur mise en cause par le président français Nicolas Sarkozy, dans un mouvement sans précédent. ...

A Nantes, dans l'ouest de la France, plus de 2.000 représentants des métiers de la justice - magistrats, avocats, greffiers, travailleurs pénitentiaires et même policiers - sont partis du palais de justice de la ville sous une banderole «La justice est en danger, unissons-nous».
C'est de là qu'est parti le mouvement, lorsque Nicolas Sarkozy, le 3 février, a promis des sanctions pour les «fautes» et «dysfonctionnements» à l'origine selon lui de la remise en liberté du meurtrier présumé d'une fille de 18 ans, Laetitia, dans la région nantaise. Le suspect de ce crime particulièrement horrible est un délinquant récidiviste.
Les magistrats n'ont pas supporté cette mise en cause avant même que ne soient connus les résultats des enquêtes en cours, et alors qu'ils tirent depuis des années la sonnette d'alarme sur le manque de moyens de la justice.
Depuis, la quasi-totalité des tribunaux et cours d'appel ont organisé des assemblées générales et décidé à la quasi-unanimité de renvoyer les audiences non urgentes au moins jusqu'à jeudi soir.
Une véritable «lame de fond», qui traduit un profond malaise, un «ras-le-bol» généralisé, selon les syndicats de magistrats.
Illustration tragique de ce malaise, le site de l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur publiait jeudi une lettre d'un magistrat de Pontoise (région parisienne), submergé par la charge de travail, qui s'est suicidé.
«On dit que je suis incompétent pour gérer mon cabinet alors qu'avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de faire face à la charge de travail (...) alors je préfère en finir», écrivait aussi Philippe Tran-Van, juge d'instruction de 45 ans, père de deux enfants.
Au moins un millier de professionnels de la justice se sont réunis sur les marches du Palais de justice de Paris, «du jamais vu» selon plusieurs participants.
A Bordeaux, dans le sud-ouest, environ 550 personnes, selon la police, ont manifesté leur colère devant le palais de justice, brandissant des banderoles proclamant «Justice surchargée = drames assurés» ou encore «Justice, police, gendarmes: non aux boucs émissaires !».
Plus d'une quinzaine de manifestations avaient été répertoriées en début d'après-midi par l'AFP, ayant réuni plusieurs milliers de personnes à Paris, Lyon, Marseille, Versailles, Metz, Nancy, Caen, Colmar, Bayonne, Laval, Reims, Poitiers...
«Je veux que les magistrats soient considérés», a déclaré le ministre de la Justice, Michel Mercier, en déplacement à Agen. «Ce sont des magistrats républicains qui font leur travail», a-t-il ajouté, estimant «qu'ils ne sont pas laxistes».
«Je suis conscient qu'il y a des interrogations, un fossé s'est creusé», a-t-il encore remarqué, lançant:» Même si ça peut paraître étrange que le ministre de la Justice dise cela, il faut que le fossé se comble».
Les syndicats de magistrats ne comptent pas en rester là et prévoient de nouvelles assemblées générales vendredi. Leur teneur devrait dépendre pour beaucoup de ce qu'aura dit le président Sarkozy sur la télévision TF1 lors de l'émission «Paroles de Français» dont il était l'invité jeudi soir.
Le mouvement est soutenu par la majorité des Français, selon deux sondages publiés jeudi (65% pour BVA, 60% selon Harris).

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